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Susana Machado : Portugais de Diaspora

L’espace théâtral comme métaphore

lundi 12 mai 2008, par Susana Paiva

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Elle refuse la désignation d’artiste, se présentant à peine comme scénographe. À l’âge de 35 ans, Susana Machado, s’assume comme une femme « de sang portugais, tête française et cœur italien » faisant ainsi allusion à ses origines, son éducation et ses préférences artistiques.


Voici le portrait d’une créature mature, passionnée, dont le travail se réparti majoritairement entre la scène et le plateau mais qui avoue préférer la création dans l’univers théâtral.

Susana Machado est né à Delães, Vila Nova de Famalicão, mais à l’âge de cinq ans, elle s’est installée avec ses parents à Pairs, ville où elle avait été conçue. C’est là que ses parents se sont connus et ils y sont retournés pour y vivre à nouveau en 1976, après la fin du long service militaire du père en Angola. Elle a passé son enfance et son adolescence au cœur du quartier latin, un espace privilégié de l’épicentre de Paris, rempli de mémoires de l’Odéon, de la Sorbonne et des boulevards Saint Michel et Saint Germain. Encore aujourd’hui, elle aime replonger dans son enfance où pendant son temps libre, son père l’emmener avec lui aux chantiers où son entreprise de décoration intervenait et il l’a laissait toucher aux pinceaux et aux peintures. Elle avait à l’époque huit ou neuf ans et elle adorait dessiner, ne perdant jamais l’opportunité de donner des coups de pinceaux.

Deux ans après, sa mère l’a inscrite aux ateliers du Carrousel do Louvre, où elle développa ses aptitudes pour le dessin et la peinture. Un apprentissage qu’elle vint à développer en même temps que l’école suivant un parcours scolaire qui naturellement l’aurait mené à fréquenter une université en histoire de l’art, si à l’âge de 19 ans, elle n’avait pas découvert le monde fantastique du théâtre. Au théâtre, elle a rapidement reconnu la conjonction des deux univers qui l’a séduisaient – celui de la littérature et des arts plastiques – et sans hésiter, elle a présenté sa candidature pour cinq ans de formation à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, à Paris, où en 1996, elle se forma avec la spécialisation en scénographie.

C’est son rêve de travailler comme scénographe théâtrale qui l’a mené à contacter l’architecte portugais José Manuel Castanheira, dont elle avait contemplé le travail scénographique à Paris, au cours d’une exposition au Centre George Pompidou, s’installant à Lisbonne où elle travailla comme son assistante pendant près de quatre ans, une période qu’elle garde en mémoire comme « excellente, pleine de travaux intéressants au Portugal et en Espagne, notamment à Valence et Mérida”.

En 1999, Guy-Claude François, son ancien professeur à Paris, l’a défia pour un nouveau projet de longue durée, cette fois-ci dans le domaine du cinéma. C’est ainsi que pendant huit mois, Susana fini par travailler comme assistante secondaire de décoration dans le film “Capitães de Abril”, réalisé par Maria de Medeiros. À partir de ce moment-là, Susana commence à signer ses propres scénographies en territoire national, travaillant avec des structures comme le Cendrev, à Évora, le Teatro Extremo, à Almada ou le Teatro das Beiras, à Covilhã.

En 2001, prise par les sentiments, elle s’installe à Antuérpia, ville où elle a vécu pendant pas plus de 18 mois mais où elle travaille encore dans le spectacle “Hôtel Idéal” de la compagnie belge désignée “Blauw-vier” et actuellement connue par le nom de “Laika”.

À la fin de l’année suivante, elle décide de retourner à Paris où elle reconnaît qu’elle a dû « recommencer à zéro » sa carrière comme scénographe, une phase où elle finit par travailler surtout dans l’univers audiovisuel comme assistante de décoration dans des films comme "Les âmes grises", réalisé par Yves Angelo et "Arsène Lupin", réalisé par Jean-Paul Salomé.

Il a fallu attendre l’année 2007 pour que Susana soit à nouveau au top avec quatre travaux personnels sur les scènes de Paris et Grenoble, ce qu’elle aime le plus – créer des scénographies pour le théâtre. « Des scénographies qui se distinguent du fait d’être plus métaphoriques », plus symboliques et pour être aussi si bien réussies « d’autant plus lorsqu’elles sont créées au service d’un texte, d’un message et des acteurs ». Une option d’une brillante invisibilité d’une créatrice qui rêve encore, après une grande expérience dans le théâtre et le cinéma, avec une nouvelle aventure dans la création de scénographies d’Opéra.

- article publié lors de l’édition de janvier 2008 de la revue “Magazine Artes”
- Texte et photographie de Susana Paiva
- Images des spectacles gentiment accordées par Susana Machado

Susana Paiva

www.susanapaiva.com



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