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Marco Godinho : Portugais de diaspora

Géographies Globales

mercredi 5 septembre 2007, par Susana Paiva

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À l’âge de 29 anos dont 20 vécus à l’étranger, Marco Godinho a de bonnes raisons pour être heureux. Son art qui est de façon imminente poétique et politique est particulièrement bien reçu par les institutions artistiques en France et au Luxembourg, pays où il habite.


À Paris, de la fenêtre du 4ème étage de l’atelier qui lui a été attribué pendant 3 mois à la Cité, Marco Godinho observe la rue, le petit théâtre de la vie quotidienne qui alimente son activité artistique. En bas, au bord de la Seine, le coeur du Marais pétille et le paysage riverain surprend, tout comme annéé après année c’est le cas avec tous les artistes qui depuis 1965 sont passés par les ateliers de la Cité.

Marco a conscience qu’il est un privilégié en occupant un atelier dans le domaine qui a déjà accueilli des milliers de jeunes artistes du monde entier dont certains sont des noms consagrés des Arts, à ce jour.

Le passeport d’entrée dans la prestigieuse Cité des Arts, il l’a obtenu au Luxembourg, pays où habituellement il habite et où il a remporté le biennale des Arts Plastiques qui lui a ouvert les portes de l’atelier.

Là, dans ce généreux espace aménagé pour habitation et atelier, Marco dispose de tous les instruments pour préparer et créer ses propres projets à réaliser dans des endroits aussi différents que Nancy, Metz et le Château de Malbrouck, à Manderen – en France ou à Dudelange et Esch, au Luxembourg.

Possédant une formation artistique polyvalente, Marco Godinho se sent à son aise dans la création d’univers artistiques protéiformes recourant à de multiples médias – de la photographie, à la vidéo, de la sculpture à la tipographie, en passant par le dessin, par l’installation et par le design graphique, un véritable fil conducteur de son travail et qui depuis ses années d’étudiant il pratique avec régularité.

Avec 29 ans, ce jeune qui à l’âge de 9 ans a quitté avec sa famille Salvaterra de Magos pour partir en direction du Luxembourg est désormais un créateur mûr, complet, sûr de lui et conscient de sa responsabilité en tant qu’artiste.

Il se définit comme un artiste “entre”, un être rationnel qui défend une symbiose entre Art et Vie et fait référence à son travail comme étant le résultat d’un parcours artistique qui se penche sur “la question du temps, de sa perception et de son expérience individuelle et collective liée au déplacement, au voyage et à la cartographie”.

Dans ses oeuvres, souvent marquées par des montres et des cartes, il existe parfois le recours au texte que Marco insère dans un des multiples idiomes dont il parle.

Vu qu’il a fait sa scolarité au Luxembourg et qu’il domine aussi le Français, l’Anglais et le Portugais, Marco est fier d’être considéré au Luxembourg comme un artiste national, ayant le même droit d’accès à tout comme un quelconque autre citoyen né dans ce pays. Loin de la perspective discriminatoire que d’autres créateurs portugais ou lusodescendants qui y habitent semble sentir, d’ailleurs Marco plaisante un peu en disant que s’il existe un problème, c’est celui de connaître dans l’éventualité d’une représentation artistique internationale quel pays choisir.

Il confirme l’universalité de son oeuvre , un apanage de tous les grands créateurs et il ne se sent pas embarrassé lorsqu’il dit que son arrivée au Luxembourg a impliqué la construction d’une deuxième identité qui aujourd’hui s’articule délicatement avec l’identité portugaise.

Il reconnait dans sa double identité des avantages, une attitude cohérente pour quelqu’un qui pense que “les voyages sont importants” pour l’artiste puisque “le monde représente son atelier”.

Il met en pratique ce qu’il nomme de “nomadisme culturel”, une chose fondamentale à la construction de son imaginaire et il n’hésite pas à citer un extrait du texte écrit par Liliana Coutinho dans le catalogue “En Voyage” - “… on pourrait immédiatement penser à ce que les voyages sont venus à représenter pour la construction de l’identité portugaise et de son panorama artistique mais tout cela vient seulement plus tard.

Ce mot me rappelle toujours une tribu nomade d’Amérique du Nord qui déambulait parmi les paysages de cette région du monde que tous nous connaissons ou imaginons comme étant si intenses et denses comme les villes qui les entourent. Ils avaient une croyance où l’homme possédait une ouverture au-dessus de la tête qui ne se voyait pas mais qui était fondamental pour établir le lien entre ce qui se trouve en-dessous de nous et ce qui se trouve au-dessus – la matière la plus dense avec la plus volatile. Cette ouverture se refermerait si les hommes restaient trop longtemps au même endroit et construissaient des règles de convivialité selon les villes qui y seraient construites”. – afin de renforcer sa théorie de l’avantage du nomadisme.

Sur un des murs de l’atelier, pour renforcer le livre “Les tactiques de chronos”, d’Etienne Klein que Marco possède dans sa bibliothèque, pend une feuille où se trouve écrit : “Silence ! Le temps avance” – un temps que Marco Godinho souhaite continuer à en tirer profit de la meilleure façon qu’il soit pour continuer à explorer ses géographies globales.

(texte publié lors de l’édition juillet/août 2007 de la revue “Magazine Artes”)

- Texte et photographies de Susana Paiva
- Images des oeuvres gentiment accordées par l’artiste

www.susanapaiva.com

Susana Paiva

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