Hier, le ministre du Travail et de la Solidarité Sociale a reconnu que la pauvreté infantile a atteint des niveaux critiques en Europe face à l’insensibilité des politiques européennes. C’est au Forum Européen sur les Enfants de Rue, qui a débuté hier et s’achève aujourd’hui à l’Assemblée de la République, que Vieira da Silva a insisté sur le fait que “la dimension sociale est négligée par les politiques européennes ».
Anthony Simpson, appartenant à la direction de la Fédération Européenne des Enfants de Rue, partage la même opinion, estimant qu’il existe 150 à 200 mille enfants qui vivent sans toit.
Le président de la Conférence Nationale des Institutions de Solidarité, Lino Maia, a souligné qu’au Portugal les chiffres ne sont pas non plus optimistes et il a renforcé que l’appui à l’effort de l’aide de la société civile n’est pas suffisant, bien qu’il soit très significatif ». D’après les données qu’il dispose, 70% des interventions dans ce domaine proviennent de l’initiative privée de solidarité, dont près de 50% sont liées à des institutions de l’Eglise Catholique. Près de 16 mille enfants sont concernés par ce genre d’appui au sein des institutions qui, la plupart du temps, reçoivent des enfants en interne.
"Lorsqu’on parle de transfert des compétences vers ces institutions, il est important de continuer à soutenir ce genre d’initiatives”. “L’Etat doit continuer à stimuler l’initiative privée de solidarité”.
On estime qu’un enfant portugais sur cinq se trouve à la limite du seuil de pauvreté, d’après les données du rapport de la Commission Européenne sur la protection sociale et l’inclusion, adopté en février par les ministres de l’Emploi de l’Union. Le Portugal fait partie du groupe des huit pays de l’Union avec les niveaux de pauvreté chez l’enfant les plus élevés, dépassant à peine la Pologne.
Manuela Eanes, président de l’Institut de l’Appui à l’Enfant, a défendu que “c’est seulement avec des politiques gouvernementales adaptées et des projets d’intervention communautaire qu’il sera possible de réaliser un travail coordonné entre les différentes institutions, officielles et privées ».
ISABEL TEIXEIRA DA MOTA