D’après des informations obtenues par le DN auprès des sources politiques, Aníbal Cavaco Silva aurait reçu ces derniers jours plusieurs messages des pays plus imposants au sein de l’Union Européenne. Les contacts diplomatiques, selon les sources en question, ont eu lieu sous tension dans de nombreux pays de l’UE avec la seule possibilité qui existait de Sócrates se décider pour l’accomplissement de sa promesse électorale.
Ces outputs de pays comme l’Allemagne (ce pays dirigé Angela Merkel a été le plus incisif dans ces contacts) sont inputs de Belém par rapport à São Bento, également d’après les sources citées ci-dessus. Donc, à travers les réseaux institutionnels, la Présidence de la République aurait fait savoir au Gouvernement quel était le sentiment qui régnait dans la majorité des pays européens. Des indications qui existaient déjà à São Bento et qui venaient à s’aggraver depuis qu’on sait que, à l’exception de l’Irlande (qui du point de vue constitutionnel est « obligée » à faire le référendum), tous les autres états européens avaient déjà opté pour la ratification parlementaire. Ces deux derniers jours, la Slovénie a considéré le référendum comme impensable. Janez Jansa, Premier ministre de la Slovénie et le président à la tête de l’UE, a haussé à nouveau le ton hier, en disant que les pays européens « doivent avoir une vision plus large sur cette question et ne pas penser seulement aux aspects nationaux mais également à l’intérêt européen ». Selon Jansa, il est nécessaire de questionner « jusqu’à quel point les évènements au sein d’un pays influencent les évènements qui ont lieu dans un autre où la situation est différente ».
Cavaco Silva, qui depuis des mois disait que le référendum n’était pas du tout prioritaire – bien qu’il l’ait convoqué, au cas où il y aurait une proposition parlementaire dans ce sens, comme il a promis en pleine campagne présidentielle –, a dit hier péremptoirement que « perdre l’opportunité représentée par le Traité de Lisbonne serait un prix trop élevé pour l’Union Européenne ».
Le Président parlait pendant sa présentation des vœux du Nouvel An par le corps diplomatique accrédité à Lisbonne, qui a eu lieu au Palais National de Queluz. Une cérémonie où, en connaissance de cause selon le DN, le malaise de plusieurs diplomates européens face une éventuelle décision pro-référendum a été notoire. Certains de ces ambassadeurs avaient déjà fait parvenir, comme l’ont souligné les sources politiques au DN, ce malaise au Palais de Belém, inclusivement à travers de télégrammes diplomatiques.
Le soir de la signature du Traité de Lisbonne, le 13 décembre, José Sócrates n’a pas manqué de faire référence à la position de Cavaco Silva comme étant contraire au référendum. À l’époque, sur SIC Notícias, Sócrates a laissé la décision ouverte, mais il a essayé d’impliquer le Président. Cependant, Belém a fini par rappeler que la promesse de campagne devait être respectée et si la majorité parlementaire avance avec le référendum, il serait convoqué.
Une promesse électorale que Sócrates avait également fait (dans le cas de convoquer un référendum) mais il a décidé de faire peu à peu de la place afin de la renverser et de ne pas se retrouver isolé en termes européens. Dans son édition online d’hier, le séminaire Sol a également affirmé que « le Premier ministre a tranquillisé d’autres leaders européens qui craignaient la consultation populaire au Portugal ».
Le triangle Cavaco-Durão Barroso-leaders européens a été décisif pour que Sócrates ait les arguments dont il avait besoin pour transposer sa promesse électorale et répondre « non » au référendum. Aujourd’hui, au sein du premier débat bimensuel selon le nouveau régiment, Sócrates ira défendre que le Traité de Lisbonne, c’est une chose, tandis que le Traité Constitutionnel en est une autre.