Alerte donnée dans le rapport qui sera présenté aujourd’hui par le Haut Représentant de la Politique Externe de l’UE, Javier Solana, et par la commissaire des Relations Externes Benita Ferrero-Waldner aux chefs d’Etat et du Gouvernement réunis, à Bruxelles, jusqu’à demain.
En 2050, la disparition de pays entiers, la diminution de l’espace arable, le manque d’eau et de nourriture, les inondations et les sécheresses de plus en plus fréquentes seront inévitables, même si nous arrivons à limiter l’augmentation de la température à deux degrés par rapport aux valeurs pré-industrielles et réduire les émissions de dioxyde de carbone de plus de la moitié des valeurs de 1990.
Les données utilisées appartiennent à l’étude préliminaire du Tableau intergouvernemental pour les Altérations Climatiques des Nations Unies qui fait également référence aux conséquences qui seront d’autant plus ressenties lorsque la région concernée est plus peuplée. Si d’un côté, l’UE reconnaît que ce sont les zones les moins protégées et les plus vulnérables aux conflits qui vont souffrir le plus avec ces altérations climatiques, d’un autre côté, elle alerte que l’Europe ne se trouve pas immune – et que son environnement et son économie seront amplement affectés.
Ce que la Commission Européenne craint, c’est l’effet « boule de neige ». En fait, un cinquième de la population mondiale vit en zones côtières, où sont situés les ports et les raffineries de pétrole qui avec la prévision de la montée du niveau des eaux pourront mettre en danger la vie de millions de personnes, surtout en Amérique Centrale et sur la côte est de la Chine et de l’Inde. Ce qui à son tour engendrera une « augmentation des catastrophes et des crises humanitaires » qui pèseront dans les poches des pays donneurs.
La montée du niveau des eaux est en train de créer un phénomène nouveau dans les migrations de populations à cause des altérations climatiques. Les mouvements de personnes entre les régions vont augmenter le risque de « conflits sociaux et religieux », au-delà des disputes pour de nouvelles « frontières terrestres et maritimes ». Le rapport défend même la révision du code du droit international.
Les changements géographiques auront aussi des conséquences sur l’extraction des ressources énergétiques. Le dégel va permettre d’explorer les zones polaires, d’où l’avertissement du rapport vis-à-vis des possibles disputes internationales, donnant l’exemple de la Russie qui récemment à installer son drapeau au Pole Nord, une zone fertile en hydrogène. « Le contrôle des ressources énergétiques est un mobile d’instabilité et il continuera ainsi ».
Le rapport conclu que l’Union Européenne a les moyens pour essayer de « mitiger » ce processus comme la Politique Externe de Sécurité Commune et la Politique Européenne de Défense, au-delà de parvenir à établir un dialogue multilatéral avec des tiers pays qui est essentiel pour les négociations d’un accord pour la période après-Quioto, après 2012. Des négociations que l’UE souhaite conclurent avant la conférence des Nations Unies sur les altérations climatiques, à Copenhague, en 2009.