L’abstention au référendum hollandais sur le Traité de Lisbonne a été supérieure à 50 pour cent. Les résultats seront communiqués aujourd’hui mais seulement en cours d’après-midi. Retenus par ce suspense qui laisse le futur de l’Union Européenne en jeu, les gouvernants des autres 26 pays ont promis hier de poursuivre le processus de ratification, laissant au Gouvernement de Dublin, dirigé par Brian Cowen, la responsabilité de trouver une solution pour sauver le texte qui a déjà été accepté par 18 pays.
Cette détermination est devenue évidente après que le Royaume-Uni, le seul pays qui aurait pu avoir des doutes à propos de l’avenir de ce traité, ait affirmé son intention de poursuivre avec la ratification.
Même si le référendum d’Irlande engendre un résultat négatif, Downing Street prétend "continuer comme prévu", ont expliqué les diplomates britanniques à Londres et Bruxelles. "Ce Gouvernement a l’intention de compléter le programme législatif en cours sur le Traité de Lisbonne". Ce qui signifie que le texte sera soumis la semaine prochaine à un débat à la Chambre des Lords, après que l’approbation des Communs en mars.
Cette clarification dissipe les doutes de certains pays sur un éventuel abandon de la ratification au Royaume-Uni, comme a fait par ailleurs l’ex-premier ministre Tony Blair, en 2005, à la suite du rejet de la Constitution Européenne par la France et la Hollande.
Divers pays redoutaient maintenant que son successeur, Gordon Brown, agisse de même, pour ne pas se trouver à nouveau soumis à la pression de l’opinion publique pour soumettre le Traité de Lisbonne à un référendum.
La clarification britannique confirme l’intention généralisée des vingt sept de continuer la ratification, ce qui fonctionne comme une pression additionnelle sur l’Irlande, le seul pays de l’UNION Européenne (UE) obligé d’organiser un référendum pour le traité en raison de sa constitution.
Des choix difficiles pour Dublin
Si le résultat, qui sera communiqué aujourd’hui, est négatif, Dublin devra choisir entre trouver une issue pour permettre l’entrée en vigueur du traité comme prévu le 1er janvier 2009 ou négocier un autre genre de relation avec l’UE.
Hier, l’organisation du référendum ne permettait aucun types de projections sur les statistiques votes des trois millions d’électeurs, d’autant plus que les bureaux de vote ont fermé seulement à 22h.
À l’heure de la fermeture de cette édition, il n’y avait pas non plus d’indices fiables sur le taux de participation, considéré comme un bon indicateur sur le résultat final : plus la participation est grande, plus les probabilités d’une victoire du « oui » sont grandes aussi. Et vice-versa.
Le haut pourcentage d’hésitants révélé par les sondages quelques jours auparavant laissait entrevoir une bataille serrée entre les militants de la ratification, les défenseurs de la poursuite des bénéfices offerts par l’UE et les opposants qui mettent en cause le traité le considérant comme incompréhensible et menaçant.
Les votes commencent à être compté à partir de 9h00, les premières projections pouvant être communiquées en fin de matinée. Mais le résultat final ne sera que formellement annoncé en fin d’après-midi.