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José David : Portugais de diaspora

Un auto-portrait en constante mutation

mercredi 23 mai 2007, par Susana Paiva

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Il y a de cela 38 ans que José David vie à Paris, où lentement et discrètement, il est venu à développer son œuvre. Suite à son exposition à la Fondation Calouste Gulbenkian à Paris, il présente maintenant deux expositions individuelles, à Lisbonne. Trois excellentes raisons pour une ilustre visite à son atelier d’artiste, situé dans l’historique quartier de Montparnasse.


À neuf heures du matin, lorsque l’atelier de José David est envahi par l’exubérante lumière naturelle qui pointe dans la rue, le matinal peintre se trouve déjà au travail depuis plus de deux heures. À genoux, par terre, avec les mains soigneusement recouvertes par des gants de latex, il travaille, avec une éponge, un de ses nombreux auto-portraits de dos. Ensuite, de son habile coup de main avec la spatule, il taille le papier manufacturé, en dispersant de petits morceaux par terre, qui seront plus tard rabotés avec savoir-faire par une fine feuille de papier de verre jusqu’à sa précieuse conclusion.

À l’atelier de José David, il y a de tout ce qu’on peut espérer trouver dans un atelier d’artiste – des pinceaux et des peintures à l’huile sur la table, des toiles vierges, des oeuvres inachevées au milieu d’autres qui semblent conclues, des catalogues de l’auteur et quelques oeuvres de référence, tout iluminé par le soleil qui timidement traverse les énormes vitres tournées vers le nord. Mais, dans l’space de travail de José David, il existe surtout une place pour l’éponge, le tampon abrasif, le torchon, la spatule, le papier de verre et les feuilles de papier torchon de différentes dimensions, des compagnons inséparables de ses mains, et pour beaucoup, responsables par l’originalité de ses plus récents travaux.

Lorsqu’il y a sept ans, José David a débuté un nouvel abordage de ses auto-portraits – une thématique qui le suit depuis l’adolescence, bien qu’il se trouve, à ce jour, complètement libéré des références illustratives de ses débuts -, il se trouvait loin d’imaginer que son processus créatif le conduirait à son actuel travail artistique. Fruit d’un long parcours où les auto-portraits de face ont fait place d’abord aux auto-portraits de dos – “en matérialisant une présence qui éliminait le côté expressif, laissant la place à la forme seulement, la tension, quelque chose qui transmet la vie et qui donne envie d’aller voir ce qui se passe après” -, ensuite à une multiplicité de visage fractionnés en de petites toiles, “où seuls des détails du visage étaient révélés”, jusqu’à finalement “atteindre l’actuel travail sur papier où son visage sert de point de départ mais il ne cherche pas à se représenter”.

José David

Au sujet de son plus récent travail, il révèle en paraphrasant un ami que “le plus intéressant, c’est de sentir la mémoire”, traduction d’un inconscient individuel mais aussi une claire allusion “à l’histoire de la peinture où, depuis les fresques à la sculpture, y figurent ces visages, intemporels”.

Dans l’oeuvre de José David, il y a, au-delà d’une nette dimension biographique qui reflecte ses origines du Ribatejo – traduite dans certaines autres thématiques abordées comme le portrait de sa mère ou le récurrent taureau, souvenir des marais du Ribatejo, d’un père qui a été pendu ou de l’intense rêve d’enfance de devenir torero - , une alternative qui s’encaisse dans sa permanente insatisfaction créatrice, qui le mène à retravailler beaucoup de ses oeuvres, en les transformant profondément, au point qu’il ne soit pas possible de reconnaitre l’image qui se trouvait à l’origine. À travers de processus aditifs, où les couches de peinture se superposent cumulativement, en créant des textures tridimensionelles, ou à travers de processus subtratifs, où le papier arraché trouve des nouveaux niveaux sous-terrains à chaque déchirure, l’oeuvre de José David fait place “à l’accident dans la construction” et il s’établit surtout comme un essai sur la transformation et le changement – des piliers fondamentaux de la recherche d’ “un peu de vérité” qui domine ses oeuvres.

Pour ce peintre qui, à l’image de la philosophie Zen, croit surtout que “ce qui compte, c’est le chemin et non la fin”, sacrifier certaines de ses peintures et “découvrir des tableaux dont parfois il fini par regretter”, c’est inévitable et “cela fait partie de soi”, cependant cela peut signifier parfois “détruire un travail aprécié par beaucoup”.

Croyant profondément qu’en peinture “le facteur surprise n’est pas suffissant” et que l’oeuvre doit être nourrrie par un contenu fort car “il n’existe pas de surprises perpectuelles qui garantissent une oeuvre”, José David travaille quotidiennement et avec acharnement dans son lumineux atelier de Montparnasse, où il a créé les visages et les paysages qui, pendant ce mois de mai, nous surprennent à la “Galeria Diferença” et à la “Cidi Arte Galeria”, à Lisbonne.

José David

- (texte publié dans la revue “Magazine Artes” du mois de février 2007, revu et actualisé en mai 2007)
- www.susanapaiva.com

Susana Paiva

www.susanapaiva.com

1 Message

  • José David : Portugais de diaspora

    5 janvier 2008 21:53, par chantal gyulay

    Il y a longtemps que je te cherche José mais personne n’a su me donner ton adresse. Je pensais que tu étais parti définitivement à Lisbonne. Je me suis mise à l’informatique et le miracle de l’internet me fait découvrir ton nouveau travail pictural. Ce texte de présentation est malheureusement dans un très mauvais français et c’est dommage, il faudrait le reprendre, vieille déformation professionnelle... Tu peux me joindre à : chantal.gyulay@orange.fr où au même n° de téléphone qu’avant. Bien amicalement, à bientôt peut-être ?



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