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Ilse Losa

jeudi 7 décembre 2006, par Jornal de Notícias

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Parmi les écrivains qui ont vécu ici et qui ont fait le portrait de la ville de Porto, malgré que celle-ci ne soit pas leur ville natale, se distingue Ilse Losa.


D’origine allemande, née à Osnabrück et se trouvant à la merci de sa descendance juive et de ses positions anti-hitlériennes, elle s’est vu obligé en 1934, à trouver refuge parmi nous. Une assidue des circuits artistiques et littéraires, elle vint à se marier avec l’architecte Arménio Losa, obtenant ainsi la nationalité portugaise.

En 1943, elle publia son premier livre intitulé “O mundo em que vivi” (“Le Monde où j’ai vécu”), débutant ainsi une activité qui pendant plus d’un demi-siècle, a fait preuve d’une création en prose hors pair, rendant jaloux plus d’un qui maltraite notre langue ; une voix originale et limpide. Au-delà des livres dédiés aux enfants, Ilse a été une brillante chroniqueuse et une romancière pointue et rigoureuse, qui nous a laissé en héritage des ouvrages essentiels pour la compréhension de Porto du XXème siècle, vu à travers le regard d’une étrangère culte.

Le roman "Sob céus estranhos (1962)" (“Sous les étranges cieux”) devint une référence de la littérature ayant pour thème la ville, constituant le portrait du climat provençal de l’univers de Porto que l’auteur a su déceler avec une énorme perspicacité. La période après-guerre vécue par la classe moyenne dispose ici d’un excellent document, utile à la compréhension d’une époque dont il existe peu de témoignages (à l’exception de "A praça de Liège" (“La place de Liège", de Rebordão Navarro), avec la qualité stylistique et l’assurance d’un grand écrivain.

Si on regarde bien, il n’y a pas de qualification pour ce roman et ainsi soit t’il. Les situations incongrues dans son humanité bizarre nous sont bien connues. Beaucoup de personnages se trouvent à nos côtés et on les connait par coeur parce qu’on les voit tous les jours."Sob céus estranhos (“Sous les étranges cieux”) est plus qu’un livre autobiographique à propos d’un quotidien auquel l’auteur s’est vu obligé à s’intégrer (malgré tout, elle s’y trouvait protégé de la barbarie nazi), il est aussi une référence fondamentale pour la constitution de l’environnement social de Porto de la fin des années 40.

"Caminhos do destino" (1991) (“Chemins du destin”) est une autre référence, en tant que compilation de contes et de nouvelles où on y retrouve différents recueils des souvenirs de son enfance en Allemagne, une réalité dissemblable mais encore claire, son séjour temporaire en Angleterre, la topologie des lieux hors temps et dans un espace indéfini et Porto, une ville d’exil, d’accueil, de rencontre de nouveaux styles de vie (de survie ?).

Porto apparaît parfois sous-entendu (dans la rue, à travers le fleuve, le paysage, un plat de feijoada, une phrase ou un mot qui défini le territoire). D’autres fois, il apparaît métamorphosé en figures appartenant à un scénario connu (Idalina, la femme de ménage ou Palmirinha, la couturière). Des visages habituels à Porto qui se présentent aussi dans l’évidence d’un certain toponyme, signalant les limites d’une narration parfois enchanteresse dont la modernité fait preuve de la maturité d’une plume épurée.

Et je ferais aussi référence à "A Flor do Tempo" (“La fleur du Tempo”), le livre, des années 50, des chroniques publiées dans la Presse. Les thèmes choisis sont l’Allemagne (lieu d’origine), Porto (lieu d’exil), la littérature (lieu de rencontre entre des patries qui s’entrecroisent). La ville des années 50 et 60 apparaît dans une prise de notes légère et tranquille. Une étincelle d’une réalité fragmentée que la majorité rassemble en épisodes triviaux où on est devenu des intervenants. En nous trouvant au Café Sport ou au Majestic, avec Augusto Gomes, Camarinha, Alvarez Losa et d’autres. Ou au Rivoli, vu à partir de la Résidence de Madame Juliette. Ou en fêtant le Noël typique de Porto, au Réveillon avec de la morue et des pommes de terre. Ou en entrant à la Primus, à la rencontre d’acteurs et de poètes tels que Eugénio, Ramos de Almeida, João Guedes, Egito ou encore Dalila Rocha.

Une louable exposition en hommage à Ilse Losa, organisée par le Département de la Culture de la Mairie de Porto, s’est tenue à la Galerie du Petit Palais Balsemão, à Carlos Alberto. Dans les bibliothèques municipales, la bibliographie de Ilse Losa a été présentée, sous le titre de "Sob céus estranhos" (“Sous les étranges cieux”). Avec l’appui d’un catalogue qui constitue un document à consulter, l’exposition favorise la compréhension de l’oeuvre d’un auteur qui appartient à notre patrimoine culturel. Comme le vacarme politique, la corruption, le scandale de la jet-set d’un pays maltraité ne sont plus une nouveauté pour personne, cette exposition qui se détache autant par sa simplicité comme par son excellence à propos d’un personnage remarquable n’a pas mérité les temps d’antenne et les mots de la presse consacrés à la pathologie civique. Un fait à lamenter mais comme dit l’autre “Nous vivons dans une époque moderne”.

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