Nos envoyés utilisent des plaques 3G de Vodafone. Les entraînements valent presque toujours pour ce qui se passe sur le terrain. Hier, le premier entraînement de l’équipe du Portugal, ouvert aux adeptes à Neuchâtel, a valu le coût pour ce qu’il s’est passé sur les bancs. Des fois, c’est vraiment comme ça. Même Ronaldo peut passer de protagoniste à figurant. Cela ressemblait à un jour de jeu. En raison de l’ambiance sur les bancs mais aussi parce que les 23 footballeurs ont eu droit à la présentation officielle de l’animateur, avec des images sur l’écran géant, et parce qu’avant même l’entrée des craques, l’hymne national a été chanté début et avec la main posée sur la poitrine. A La Maladière, le seul adversaire a vraiment été l’entrée complète. Les 12 mille places disponibles ont été insuffisantes, très insuffisantes pour la dimension de la foi des émigrés. Une foi de la taille des Alpes. Il manquait plus de trois heures pour le début de l’entraînement et la zone du stade était déjà envahie par du rouge et vert. Plusieurs stands vendaient de la bière portugaise, et ainsi les fous rires permettaient de tuer le mal du pays. Pendant la journée, tous les chemins menaient à Neuchâtel. Sur l’autoroute, entre Genèvre et Neuchâtel, de nombreuses voitures et motos exhibaient les couleurs lusitaines. Dans les stations de service, on parlait de Ronaldo.
En Portugais, avec l’accent doux du chocolat suisse. Au stade, pendant que les joueurs n’entraient pas sur le terrain, l’installation sonore débitait divers succès de la musique populaire portugaise. Les adeptes chantaient et en profitaient pour exhiber des affiches : "Simão donne-moi ton maillot", "Ronaldo épouse-moi" et "Scolari nous voulons gagner ce championnat". À 18h30 sur les horloges des hiboux, les craques sont entrés sur le terrain. Avec le "The Final Countdown" des Europe, Nani a été le premier. Un par un, les autres sont apparus, sous les cris hystériques des femmes et les applaudissements des hommes. Mais, tous n’étaient pas encore présent. Il en manquait deux ou trois. Et surtout, il manquait Ronaldo. Lorsque le « bota de ouro » est entré, le stade ne s’est pas effondré car il a seulement deux ans. L’entraînement a été marqué par une « peladinha » qui a permis à Scolari de tester des situations de jeu mais surtout qui a permis de faire plaisir aux petits et grands. Felipão a pratiquement parié sur le onze qui a dérouté la Georgie. Le seul changement a été le remplacement aux buts de Ricardo par Quim.
Toutefois, ce remplacement ne veut pas dire que le sélectionneur est disposé à miser sur le gardien de but du Benfica, bien qu’hier l’habituel titulaire n’ait pas fait une prestation dont nous avons l’habitude de voir. Pendant la deuxième partie, Nuno Gomes a laissé sa place à Nani, passant Ronaldo à l’attaque. La défense a continué à montrer une grande résistance. Bosingwa est sorti plus tôt. Quaresma est entré dans l’équipe titulaire et Rui Patrício s’est également trouvé aux postes. À la fin, l’enthousiasme a augmenté à nouveau. La vague a parcouru les bancs et on a crié Portugal à pleins poumons. La pluie a fait partie du jeu, bénissant ce qui a été une grande fête portugaise. Si les adeptes jouaient, l’Euro serait dans la poche.