Le prix Nobel de la Paix a été remis formellement à l’Union Européenne au cours d’une cérémonie solennelle qui a eu lieu cette après-midi, à Oslo où Hérodote, Espinosa et Abraham Lincoln ont été référés pour rendre hommage au génie et à l’audace qui ont marqué la conception du plus grand projet de paix de l’histoire.
“Quelle audace celle des Peres fondateurs de l’Europe en affirmant : “Oui, nous pouvons en finir avec le cycle interminable de violence, nous pouvons mettre fin à la logique de vengeance, nous pouvons construire ensemble un avenir meilleur”. Quel pouvoir celui de l’imagination”, a affirmé Herman Van Rompuy, président du Conseil Européen, lors du discours qu’il a fait avec Durão Barroso, le président de la Commission Européenne, suite à la remise du prix.
Le Nobel de la Paix 2012 récompense le rôle de l’Union Européenne pour la transformation d’”un continent de guerre dans un continent de paix” et pour sa contribution pour la démocratie et les droits humains. Il a été annoncé en octobre afin de motiver la reprise économique face à la crise que l’UE traverse.
Face à une salle pleine, où se trouvait près d’un millier d’invités, avec la majorité des chefs d’Etat ou du Gouvernement de l’UE, Van Rompuy a considéré qu’en politique comme dans la vie, la réconciliation est une phase très difficile” car “c’est beaucoup plus qu’un pardon et oubli ou tout simplement tourner la page”. Bien qu’il est reconnu que l’Europe puisse peut-être vivre actuellement en paix même sans l’UE, Van Rompuy a considéré que “cela n’aurait pas été une paix avec la même consistance, une paix durable” mais plutôt “un cesser de feu glaciale”. Et même s’il est “inconcevable”, la guerre n’est pas encore devenue “impossible”.
Pour Van Rompuy, l’UE ne peut pas continuer à dépendre de la promesse de paix pour mobiliser ses citoyens. Surtout dans le contexte de l’actuelle crise économique, où la prospérité et l’emploi, “des piliers de nos sociétés”, se trouvent menacés, faisant en sorte “que les cœurs se durcissent”, que les intérêts nationaux se superposent à l’intérêt commun, “que d’anciennes blessures s’ouvrent à nouveau et réapparaissent des stéréotypes tombes dans l’oubli depuis longtemps”.
Et même si ce ne sont pas ces difficultés qui feront reculer l’Europe “vers l’obscurité du passe”, à vrai dire “le défi que l’Europe soulève est bien réel”, soulignant : “la présence d’autant leaders européens au cours de cette cérémonie est bien la preuve d’une profonde conviction commune : nous nous en sortirons ensemble de cette crise et tous encore plus forts”, grâce à la grande capacité que l’UE a pour “se réinventer”.
ANA DIAS CORDEIRO et ISABEL ARRIAGA E CUNHA (Bruxelles)