Le sommet des leaders de l’union Européenne qui démarre aujourd’hui et se poursuit jusqu’à demain à Lisbonne pourra marquer le début de la fin d’une des plus graves crises politiques du bloque européen, si le Traité est approuvé remplaçant le texte de la Constitution Européenne voué à l’échec. Un accord à Lisbonne pourra faire renaître l’ « euro-optimisme » au sein de l’UE mais seulement après la ratification de la charte dans tous les Etats-membres par voie parlementaire ou à travers d’un referendum, faisant en sorte que l’impasse politico-institutionnelle qui menaçait de paralyser le fonctionnement de l’Europe communautaire soit surpassée.
Un éventuel accord dans ce domaine au sein du Sommet de Lisbonne aura certainement sa place garantie dans l’histoire de l’intégration européenne, indépendamment de ses conséquences pratiques et fonctionnelles. En voie d’approbation par tous les chefs d’Etat ou du Gouvernement des 27 dans la capitale portugaise, le Traité qui remplacera la Constitution Européenne débouchera de la négociation formelle la plus rapide depuis toujours des lois fondamentales de l’Europe communautaire qui cette année fête son 50ème anniversaire.
L’approbation du Traité est la « priorité des priorités » de la présidence portugaise et cueille ses signes d’optimisme chez Durão Barroso et António Vitorino. Hier, le président de la Commission Européenne a incité les leaders européens à « respecter leurs compromis » et il a dit qu’« il n’y a pas d’excuses » pour qu’il n’y ait pas de consensus à propos du Traité du Sommet de Lisbonne. « Je fais appel aux chefs d’Etat et du Gouvernement afin de respecter leurs compromis faits en juin au cours du Sommet de Bruxelles. Il n’y a pas de raison ni d’excuses pour qu’il n’y ait pas un consensus à Lisbonne », a t’il déclaré, se manifestant « pleinement confiant » dans la gestion de la présidence portugaise par rapport aux véritables questions qui n’ont toujours pas été résolues, convaincu que « personne ne souhaite assister à un échec » et « tous se déplacent à Lisbonne avec un esprit de consensus pour trouver une solution ».
L’ex-commissaire européen António Vitorino s’est montré positif au sujet de l’approbation du Traité, étant donné « l’immense désir que tous ont en commun » de mettre fin au plus vite à ce cycle de réformes et de « partir vers l’adoption de politiques nécessaires à l’avenir de l’UE ». Toutefois, Vitorino ne met pas de côté la possibilité de surgir des problèmes au cours du sommet informel de Lisbonne : « Je ne suis pas ingénu au point de penser qu’il n’y aura pas de problèmes. Il y aura des questions politiques » dit t’il considérant l’unanimité comme impossible.