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Chine, Japon et lusophonie

lundi 26 février 2007, par Publico

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Lorsqu’au mois d’octobre, lors d’une conférence à l’Université de Macau, les partenariats sino-lusophones en matière cambiaire ont été débattus, le professeur australien a eu du mal à dissimuler son irritation en demandant : “Finalement en quoi le Macau est lusophone ?”


On lui a donc expliqué en anglais qu’oui en Histoire, culture, droit et peut-être même en terme de confiance.

Le sceptique des antipodes aurait pu argumenter en disant que ce n’est pas pour autant que les communautés lusophones ont recours à une connaissance réciproque mais face à l’explication d’un maître de Coimbra, il a préféré se taire.

Face à la mauvaise volonté à l’enthousiasme vis-à-vis de la pédagogie lusophone, s’imposait un certain scepticisme. Après tout, l’histoire commune avec le Cap Vert s’achève à la fin du XVIIIème siècle ! À Macau comme à Goa, on n’a pas réussi à se mettre d’accord sur une histoire commune pour la région et les deux pays. Ainsi, comment peut-on établir une narrative cohérente à propos des huit pays membres de la CPLP, si divers entre eux ?

Tout d’abord, comprendre que la diversité en étant reconnue n’est pas une faiblesse mais une force. Pour relever le défit, on pourrait commencer par les relations luso brésiliennes, lesquelles on pourrait donner le nom de la préhistoire de la lusophonie, passant ensuite vers les relations avec les six autres pays colonisés par les Portugais, avant et après des respectives indépendances.

Ensuite, surmonter l’idée préconçue de : “C’est mon histoire !” avec son corollaire pour ce cas : “Le livre du lycée national est déjà un spam politique commun, ce qui rend cela encore plus difficile !”

À ce propos, un exemple oriental peut nous venir en aide. Peu avant la conférence de Macau, a eu lieu le premier sommet avec le Japon en cinq ans, au cours du quel un comité sino-japonais d’historiens a été constitué pour que jusqu’en 2008 les questions bilatérales les plus sensibles soient éclaircies. Au cours de la conférence de presse, la première question a été à propos de la “notion de l’Histoire”. Shinzo Abe a répondu : “les dirigeants japonais ont référé l’esprit de ceux qui voit l’Histoire comme le reflet du futur (...) Depuis la guerre, le Japon a vécu ces 60 dernières années avec le remords profond à propos du fait que le Japon ait causé des dommages et des souffrances terribles aux peuples des pays asiatiques où il a laissé des cicatrices. Ce sentiment est vécu par ceux qui ont vécu ces derniers 60 ans, un sentiment dont je partage aussi. Ce sentiment ne changera jamais”.

En 2008, en tant qu’historiens et archivistes, ils veulent profiter du déplacement de la cour au Brésil pour développer la connaissance mutuelle de cette telle Préhistoire et peut-être qu’ainsi, après 200 ans, la Cour parviendra à discuter au sujet des questions les plus délicates des huit. Et ainsi, le rapport de la commission sino-japonaise pourrait enfin inclure les Corées et Taiwan.

J’ajoute que depuis la conférence de Macau, le Financial Times a publié deux articles au sujet de l’Histoire commune. Ce n’est pas étonnant puisque les marchés financiers à travers desquels on négocie en pensant au futur, possèdent une bonne mémoire.

Note : Une version plus longue au blog Histoire Lusophone est disponible depuis octobre sur www.iict.pt.

Publico


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