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Helena Morna
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par Anne Marie MARTINS DE SOUSA
Anne Marie Sousa
(mail : martinsdesousa@portugalvivo.com)


Helena Morna Helena Morna est une brune piquante, sympathique et enjouée. Journaliste, elle a fait ses classes sur RFI avant de passer par l’agence Capa où elle rencontre entre autre Paul Moreira. Elle a l’occasion par la suite de présenter la météo sur LCI avant d’être chroniqueuse sur France 5 pour LES MATERNELLES, émission diffusée tous les jours à partir de 9h, sous la houlette de Karine Lemarchand. Cette franco-portugaise (fille de Alvaro Morna qui fut un opposant de la première heure au régime de Salazar, puis réfugié politique et journaliste bien connu sur RFI) est très attachée à la culture portugaise dont elle parle avec du soleil dans la voix et beaucoup de sourires dans le regard.

Vous êtes née au Portugal ?
Non mais j’aurais vraiment aimer, c’est peut être un de mes grands regrets. En fait avec les grèves de 68 ma mère a eu peur d’accoucher là-bas et pour plus de précaution elle est rentrée en France.

Quelle enfance et quelle scolarité avez-vous ?
Pendant sa période d’exil papa est toujours resté en contact avec son pays, on écoutait de la musique de là-bas, on entendait la langue et bien que nous ne la comprenions pas nous avons toujours vécu avec ces consonances. La culture portugaise était présente à la maison. A l’école par contre on avait plutôt tendance à me traiter « d’arabe » plus que de « portos » car je suis brune à la peau mate ; mais je ne m’en suis jamais formalisée car j’ai toujours pensé qu’être issue d’un mélange de cultures est source d’enrichissement et j’étais plutôt fière de mes origines. J’allais même jusqu’à les revendiquer et je les revendique toujours. Je suis trop rebelle peut être.

Vous dites que la langue était présente, parlez-vous le portugais ?
Mon père ne m’a jamais forcée à l’apprendre et comme mes grands parents paternels parlaient le français (oui, ils étaient issus d’un milieu aisé, d’une famille d’avocats et de juges) il n’existait pas d’obstacles à une certaine compréhension. Quand nous avons pu passer des vacances au Portugal on me laissait accompagner mon père dans les cafés où il refaisait le monde avec un tas de copains et j’étais charmée et envoûtée par les sons, la mélodie qui se dégageait de cette langue que je ne comprenais pas et j’ai eu envie de l’apprendre. C’est vers 16 ou 17 ans que je me suis mise au portugais. Imaginer la tête de mes grands parents quand j’ai pu leur parler dans leur langue maternelle. Mon grand-père était très ému. Mais il a osé me dire que j’avais franchement un accent détestable.

A l’heure actuelle quelle relation entretenez-vous avec ce pays ?
J’y retourne tous les deux ans pour les vacances d’été parce que je suis par nature quelqu’un de curieux et qu’il y a d’autres pays à découvrir, mais quand j’ai un coup de blues, il m’arrive de prendre quelques jours et de retourner là-bas. J’ai une incroyable nostalgie de ce pays, c’est viscéral, c’est ce qu’on appelle certainement la fameuse Saudade. D’ailleurs ma sœur et moi on a accolé ce mot aux prénoms de nos filles, ça risque même de devenir une tradition familiale, qui sait.

Qu’est ce qui vous manque le plus de ce pays ?
Ce sont les odeurs d’abord et celle dont je me rappellerais toujours c’est celle de la valise de mon grand-père. Il s’en dégageait un parfum particulier quand on l’ouvrait. Et puis j’adore aller boire « um copo de vinho tinto » dans les tavernes, manger « um caldo verde » et discuter avec les gens. Ils ont une certaine nonchalance que j’envie. Mais parfois cette apathie peut vraiment être agaçante. Vous connaissez l’administration portugaise !!! Mais ce qui est incroyable c’est que tout est beau dans ce pays, bien que je ne connaisse pas complètement certaines régions ! Mais la vallée du Douro c’est quelque chose de fabuleux, L’Alentejo où la lumière a quelque chose d’ineffable. Je me rappelle cette petite chapelle qui se trouve juste derrière les « JERONIMOS » qui était noyée sous une lumière d’une blancheur extraordinaire un bel après-midi d’été.. J’adore aussi me promener na Ria.

Qu’elle est votre opinion sur le rôle de ce pays au sein du marché commun ?
Je dirais que c’est une chance pour l’Europe d’avoir le Portugal comme partenaire, de la même manière que c’est une aubaine pour ce dernier d’en faire parti. Ce que je regrette c’est cette manie du portugais à s’inférioriser. A ne pas mettre en avant la richesse de sa culture et son réel savoir faire. J’ai été ulcérée qu’ils n’aient profité de la coupe d’Europe pour montrer cet aspect du pays. C’est affligeant. J’avais moi même à l’époque proposer de faire des mini reportages pendant les festivités mais avec ma grossesse, c’est tombé à l’eau.




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