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Pedro ALVES
(Auteur Compositeur Interprète)
par Anne Marie MARTINS DE SOUSA
Anne Marie Sousa
(mail : martinsdesousa@portugalvivo.com)


Pedro Alves Pedro Alves a été révélé au publique français dans la comédie musicale « les dix commandements » (Elie Chouraqui et Pascal Obispo) dans le rôle de Aaron frère de Moïse où il interprète entre autres « Devant la Mer ».
Dans le passé, en 1997, il enregistre un album avec le groupe "Génération Aznavour", sous l'égide d'Alice Dona. Cette aventure se prolonge d'une représentation sur scène un an plus tard. Mais cette expérience avec Alice Dona n'est pas terminée puisqu'il devient choriste sur son album "Couleur de l'ombre".
Puis en 1999, il effectue une session de deux mois au MCM Café à Paris pendant laquelle il se produit deux fois par semaine.

Etes-vous né en France ?
Je suis né en France à Dijon. Mes parents sont portugais. Ils sont arrivés en France à leur majorité.

Retournez-vous souvent au Portugal ?
Tous les ans, on y allait un bon mois et puis j’y ai vécu pendant un an. On avait vraiment un contact. Par ailleurs les portugais constituent une communauté bien intégrée dans ce pays. Ils vivent avec des mœurs françaises mais ils aiment se retrouver. Les différentes associations sont très actives et les bals sont nombreux. Si je ne me trompe il y a plus de 1800 associations portugaises en France. Ce que j’aime dans la mentalité de cette communauté c’est la discrétion dans sa présence, et pourtant malgré cette intégration, ils ressentent le besoin de se retrouver, d’entendre parler leur langue et ressasser leurs souvenirs communs.

Vous sentez-vous également victime de cette fameuse « saudade » qui envahit régulièrement le coeur du portugais ?
Oui, bien sur, cela nous prend de manière tout à fait naturelle, et puis il faut respecter nos pères et nos racines. On voit nos parents tenir et se battre. Le portugais est très fier et travailleur. Ils font des métiers souvent contraignants.
Leur force ils vont la chercher dans ces racines, dans leurs souvenirs, dans l’espoir de retourner chaque été dans leur pays. C’est une sorte de moteur et la ‘’saudade’’ coule dans leurs veines.

Vous êtes devenu compositeur, auteur et interprète, est –ce que cela a été facile pour vos parents à accepter ? J’imagine que ce n’était pas leur ambition.
Certes non. Mais la musique a toujours eut une place importante dans notre famille. Mon grand-père était musicien, mes cousins le sont aussi. A la maison on écoutait Amalia Rodrigues et Roberto Leal. On allait régulièrement aux bals portugais. J’ai donc baigné dans cette ambiance depuis toujours. Dans les endroits ou se réunissent les portugais il y a beaucoup de musique, on s’y retrouve pour communiquer et peut être qu’inconsciemment musique et communication se sont amalgamées dans mon esprit. Mes parents m’ont alors porté dans cette voie. Ils m’ont fait confiance. Ils se sont dits qu’ils avaient gagné à voir leur fils heureux de faire ce qu’il a toujours voulu faire.

C’est comme une revanche pour eux !
Oui. J’ai eu la force il aura le plaisir. Le plaisir d’aimer faire les choses.

Dans votre travail de création qu’elle est la part de culture portugaise qui vous influence ?
Écrire et composer c’est simplement dire, enfin, interpréter des émotions qu’on a à l’intérieur. Cette culture ne m’influence pas spécialement, mais il est vrai que je n’écrirai pas certaines choses si je n’étais pas ce que je suis. Dans mes moments de blues j’ai tendance à aimer des musiques tristes à la fado ou bien encore j’écoute Madredeus et leurs chansons plus mélancoliques.

Avec les "dix commandements" vous avez rencontré le succès, est ce que malgré cela vous continuez à évoluer au sein de cette communauté et est-ce important pour vous d’y être fidèle ?
j’ai de réelles attaches portugaises. J’écoute et je regarde régulièrement les programmes TV et je me tiens au courant de ce qui se fait en matière de création musicale. J’ai d’ailleurs demandé à ma maison de disque s’il m’était possible de développer un album là- bas. Ce serait la fierté de mon père. J’ai envie de traduire certains textes.

Mais plutôt que de traduire, n’avez-vous pas le désir de vous exprimer en portugais ?
Si, mais la production d’un album original coûte très cher. Non je voudrais simplement choisir les textes qui me touchent le plus et les traduire.
J’ai déjà quelques contacts avec Rui Roninho du groupe GNR pour quelques textes et nous souhaiterions aussi constituer un duo, mais nous n’avons pas encore trouvé la personne idéale.

Quels sont vos projets immédiats ?
j’enregistre un album d’ici un mois et le prochain single sortira à la rentrée

Un album dont vous êtes l’auteur et le compositeur ?
Il y a aussi des co-écritures. Je préfère avoir une bonne chanson d’un autre qu’une mauvaise à moi. Je suis conscient de mes faiblesses et je ne suis pas spécialement fier de moi et je crois que je ne le serai jamais. J’ai certainement une fonction qui m’empêche d’être pleinement heureux.

Pensez-vous que le portugais soit heureux et reste- t- il à vos yeux un éternel déraciné ?
Je ne pense pas qu’il soit complètement heureux quand j’y pense je vois un escalier qu’on monte marche après marche. Le portugais, lui, a tendance à le descendre à l’envers. Il revient sans cesse dans le passé. Mais je porte un regard plein de respect vis à vis du chemin parcouru.


Pedro Alves



Versão Portuguesa
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